Developpement durable et francophonie

프랑스어권연합과 지속가능한 발전에 대한 연구

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  • ABSTRACT

    이 논문은 프랑코포니의 지속가능한 개발정책, 더 정확히 이야기하자면 프랑스어권연합(O.I.F)의 정책에 대하여 연구하였다. 이 논문에서 살펴보고자 하는 문제는 ‘프랑코포니는 어떤 형태의 지속가능한 개발정책을 펼치는가?’ 와 ‘이 정책을 통해 어떻게 프랑코포니가troisièmefrancophonie(프랑코포니 세 번째 단계)에 입문 하는가?’ 이다.

    첫 장에서는 인구통계학, 정치, 제도, 경제 등 다양한 분야에서 프랑코포니의 잠재적인 가능성을 살펴보았으며, 이를 바탕으로 우리는 프랑코포니의 무한한 잠재성이 지속가능한 개발정책에 적합함을 확인하게 되었다. 또한 O.I.F의 지속가능한 개발정책과 그 정책의 역사를 살펴보았다.

    두 번째장에서는 O.I.F를 통해 시행되는 지속가능한 개발정책에 관하여 연구하였다. 이 정책을 연구하기 위해서는 먼저 O.I.F의 두기관 (D.D.D.S와 I.F.F.D)에 대하여 집고 넘어가야 한다. 그다음으로 O.I.F의 지속가능한 개발정책의 한 예(Médiaterre)를 상세하게 살펴보았다. (Médiaterre는 하나의 웹사이트로서 환경에 대한 관심유도와 환경교육이라는 각도에서 지속가능한 개발정책을 장려한다.)

    세 번째장에서는 세계적 관점에서의 O.I.F에 대하여 고찰해보았다. O.I.F와 다른 단체 (여러 세계기구들, U.N, N.G.O단체들, 지방단체들)의지속가능한 개발정책과 비교해 O.I.F가 가지고 있는 언어커뮤니티를 베이스 로한 지리문화연합이라는 조건이 지속가능한 개발정책을 펼치기에 얼마나 큰강점인지를 살펴보았다. 그렇지만 O.I.F가 헤쳐나가야하는 장애물들 (예산적, 제도적 장애물, 다른 국제경쟁기구, 역사적 정신적 장애물, 엘리트들과 대중들의 무관심과 미국화 정치) 또한 무시할 수가 없다.

    결론적으로 우리는 O.I.F의 지속가능한 개발정책이troisièmefrancophonie 정책의 발단이라는 점에서 흥미롭다는 것을 인정할 수 있다. 즉 언어커뮤니티를 바탕으로 거대한 지리문화연합을 형성하는 O.I.F의 지속가능한 개발정책은 세계화시대에 부합하다고 볼 수 있다. 이 정책은 구체적이고 또한 독창적이기는하지만 한편으로는 과감하지 못하고 불안정하다. 그래서 우리는 프랑코포니의 미래에 대하여 다시 한번 생각해 볼 필요가 있다.

  • KEYWORD

    Francophonie , OrganisationInternationale de la Francophonie (O.I.F.) , Developpement Durable , Mondialisation , Nouvelles technologies , Organisation des Nations Unies (O.N.U.) (U.N) , Programme des Nations Unies a l’Environnement (P.N.U.E.) (U.N.E.P.) , Organisation Non Gouvernementales (O.N.G.) (N.G.O) , Sommet de Ouagadougou de 2004 , Union Europeenne (U.E.)(E.U) , Fosse Nord/Sud , Rechauffement climatique , I.F.F.D. (Institut de la Francophonie pour le Developpement Durable) , site Internet Mediaterre

  • 1. INTRODUCTION

    Notre planète connaît actuellement une crise environnementale de premier ordre. Ces dernières décennies ont vu l’homme prendre conscience de cette crise et tenter de la résoudre, notamment par le concept politique, économique, social et culturel de « développement durable », proposé par l’ONU. Défini pour la première fois par le rapport Bruntland de la commission des Nations Unies (Notre Avenir à Tous, 1987), il « est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs1) ».

    Si l’on examine les principes du développement durable - équité2) (lutte contre les inégalités de richesse entre pays du Nord et du Sud3)), démocratie4), principe de précaution5) (diminuer et si possible éviter la dégradation de l’environnement6))-, on retrouve sans surprise des traits essentiels de la francophonie qui sont : « la culture de la paix par le dialogue (⋯) ; la culture démocratique et la sécurité humaine (⋯) ; la préservation des biens communs de l’Humanité (⋯) ; la promotion de la diversité culturelle (⋯)7) ». Tout pareillement, il est avéré que les objectifs de la francophonie correspondent dans leur ensemble à ceux du développement durable8). Parce qu’elle opte pour une mondialisation humaniste9), la francophonie enrichit même la notion de développement durable en y incluant un versant culturel et civilisationnel.

    Avant d’en venir à la problématique centrale de cet article, il convient de réfléchir au concept de « troisième francophonie10) ». Inaugurée par le sommet francophone de Beyrouth de 200211), la « troisième francophonie » consacre une politique non plus produite par un Etat, des institutions régionales ou des organisations internationales, mais par une union géoculturelle basée sur une communauté linguistique. Annoncée comme la francophonie du XXIe siècle, elle se pense comme un espace commun de politiques, de solidarités, d’échanges, de dialogues interculturels, et de paix12). Parce qu’elle est intégrée dans la mondialisation et qu’elle se base sur la langue française, cette troisième francophonie touche, et touchera, de multiples domaines, qui vont du politique en passant par la société civile, l’économique, le social (dont le développement durable) et bien entendu le culturel13).

    Ce concept de troisième francophonie précisé, il nous faut maintenant en venir à la problématique centrale de notre article : quel type de politique de développement durable produit actuellement la francophonie ? Et en quoi cette politique annonce-t-elle la « troisième francophonie14) » ?

    Dans une première partie, nous dresserons un bref état des lieux de la francophonie et de la manière dont son organisation – l’Organisation Internationale de la Francophonie (O.I.F.) – a institutionnalisé sa politique de développement durable. Dans une deuxième partie, nous analyserons en détail un des instruments de l’O.I.F. produisant une politique de développement durable. Enfin, dans une dernière partie, nous exposerons les atouts de la francophonie mais aussi les obstacles qu’elle rencontre dans sa politique de développement durable. Toutes ces réponses nous permettront de comprendre pourquoi cette politique francophone de développement durable constitue un premier pas vers une « troisième francophonie ».

    1)Michel Guillou, Francophonie-Puissance, Ellipses, Paris, 2005, p.43.  2)Ibid., p.203.  3)Dominique Bourg, “Développement durable”, in Encyclopedia Universalis.  4)Neil Carter, op.cit., p.205.  5)Ibid., p.207.  6)Dominique Bourg, op.cit..  7)Trang Phan, Michel Guillou, Francophonie et mondialisation, Tome 1 : Histoire et institutions des origines à nos jours, Editions Belin, Paris, 2011, p.253.  8)Les objectifs sont : « une action politique en faveur de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme (⋯) ; des actions de coopération multilatérale afin de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique ; (⋯) de développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité » (Dominique Wolton, Demain la Francophonie, Flammarion, Paris, 2006, p.66).  9)Nar Gueye, « La Francophonie, un laboratoire de développement durable ? », in Cahier Senghor, Numéro 4, décembre 2011, p.2.  10)Michel Guillou, op.cit., p.22.  11)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.34.  12)Ibid., p.15.  13)Dominique Wolton, op.cit., p.128.  14)Ibid., p.34.

    Ⅰ?Un bref etat des lieux

       1. La francophonie et l’Organisation Internationale de la Francophonie (O.I.F.)

    a. Le potentiel francophone

    Pour bien étudier le rapport entre le développement durable et la francophonie, il nous faut d’abord définir le potentiel de la francophonie. De la sorte, nous pourrons estimer dans sa globalité l’impact et la pertinence d’une politique de développement durable générée par l’O.I.F.

    La francophonie peut être définie comme une union géoculturelle, c’est-à-dire une communauté linguistique institutionnalisée et organisée, un lieu d’échanges et de dialogue des cultures15) ayant pour principal pivot la langue française. Dès lors, elle se déploie sous une multitude de réalités.

    La première des réalités du potentiel francophone est d’ordre démographique – sa vaste population. Le français est la 5e langue la plus parlée sur la planète et la seule langue à être parlée sur les cinq continents16). D’après l’Organisation internationale de la francophonie (O.I.F.), il y aurait environ 220 millions de francophones, soit 1,9% de la population mondiale pour l’année 201017).

    Le potentiel francophone recouvre également une importante réalité institutionnelle. 32 pays utilisent le français comme langue officielle ou co-officielle - soi la 2e langue la plus utilisée après l’anglais (45 pays)18). Langue officielle ou co-officielle de 18 pays en Afrique subsaharienne et de 3 pays de l’océan indien19), le français est également utilisé dans 78 parlements ou organisations interparlementaires20) - autant d’éléments facilitant une politique de développement durable mise en œuvre par l’O.I.F. Ajoutons que le français est apprécié par les institutions internationales : appartenant aux six langues officielles de l’O.N.U. (anglais, espagnol, russe, chinois, français, arabe), il est aussi utilisé dans les branches de l’ONU21) , et d’autres organisations tout aussi importantes22). Enfin, le français est un acteur important des blocs régionaux institutionnels : étant l’une des trois langues procédurales de l’Union Européenne (U.E.)23), l’Union Africaine (U.A.) et la Commission économique pour l’Afrique des Nations (C.E.A.)24) l’utilisent aussi.

    Le potentiel francophone, c’est également une réalité économique de premier plan, qui rend pertinent une politique de développement durable francophone. L’espace francophone (480 millions de personnes, 6,5% de la population mondiale25)) est estimé à 20% du commerce mondial des marchandises et à 15% de la richesse mondiale26). Par ailleurs, les pays de l’espace francophone attirent environ 14% des Investissements Directs Etrangers (I.D.E.) entrants dans le monde27), et pèsent 12% des exportations mondiales (année 2008)28). Enfin, n’oublions pas non plus que l’espace francophone concerne 1/10e des terres agricoles mondiales29).

    Le potentiel francophone a-t-il un avenir ? Contrairement à l’idée que s’en fait l’opinion française en général, la langue française est en forte augmentation : en 2050, 2,5% de la population mondiale le parlera (contre 9,6% pour l’anglais30)). D’autres prévisions chiffrent le nombre de locuteurs de français à 750 millions de personnes en 205031). Cet avenir se démontre aussi dans le dynamisme de la jeunesse francophone : 60% d’entre eux ont actuellement moins de 30 ans32).

    Ce tableau serait incomplet si l’on ne mentionnait pas la dimension Nord/Sud, essentielle pour la francophonie et le développement durable. Présente sur les cinq continents, la langue française concerne aussi bien les pays du Nord que du Sud : les deux espaces mondiaux les plus francophones sont l’Europe de l’Ouest (ou le français, qui représente 16% de locuteurs de l’Europe, arrive en 2e position33)) et le continent africain (11% de sa population globale est francophone34)). De même, cette dimension Nord/Sud se retrouve dans les ensembles régionaux (U.E., U.A., C.E.A.). Dans le futur, cette dimension Nord/Sud se poursuivra : les prévisions ont établi qu’en 2050 les francophones se partageront essentiellement entre l’Europe (12% de la population) et l’Afrique (85% de la population)35).

    Une réalité démographique, institutionnelle, économique, ancrée dans l’avenir, possédant une dimension Nord/Sud ; autant de facettes qui nous démontrent combien la francophonie, par le biais de son opérateur principal – l’O.I.F. –, constitue un cadre opportun et ambitieux pour une politique de développement durable. Dès lors, nous devons avoir à l’esprit que toute politique de développement durable produite par l’O.I.F. affecte ces réalités enchevêtrées, et possède un immense impact.

    b. L’Organisation Internationale de la Francophonie (l’O.I.F.)

    Analysons maintenant l’acteur institutionnel principal de l’espace francophone – l’Organisation Internationale de la Francophonie (l’O.I.F.). L’histoire institutionnelle de cette organisation est bien connue et il ne nous est guère utile ici de la récapituler. En revanche, il nous faut l’introduire par rapport à sa capacité à agir en faveur du développement durable.

    Elle comprend plus de 77 états. De fait, la politique de cette organisation intergouvernementale est en mesure d’affecter le tiers des membres de l’ONU36) ou, selon un autre regard, 715 millions de personnes (la population totale des Etats et gouvernements membres que rassemble cette organisation)37), soit 10% de la richesse mondiale38). Cette organisation internationale possède ainsi un potentiel d’actions important. C’est pour cette raison que certains pays comme la Suisse - qui, signalons-le au passage, n’est pas membre de l’Union Européenne - utilisent cette arène pour mieux s’affirmer internationalement39). Qu’on se le dise : l’O.I.F. est un acteur institutionnel d’envergure mondiale pour le développement durable.

    Mais cette organisation intergouvernementale a-t-elle seulement les moyens de son ambition ? En l’occurrence, qu’en est-il de son budget ? Ce dernier, qui s’échelonne autour des 80 millions d’euros pour les années 2002-200840) pour l’Organisation seule, et s’établit à 227 millions d’euros en englobant les autres opérateurs liés à la francophonie, est souvent décrié comme faible41). Cette indigence n’empêche cependant pas la production d’une politique de développement durable. Et peut-on réduire l’action d’une organisation internationale à son seul budget ? Certainement non, car l’influence compte également.

    Effectivement, cette organisation possède un soft power plutôt puissant : elle est l’une des rares organisations à toucher les cinq continents, à associer statutairement des universités, à posséder un média important (TV5 Monde, qui émet dans plus de 200 pays et peut toucher plus de 215 millions de foyers42)), et à associer des maires et des parlementaires d’Etats et de gouvernements 43). L’autre vecteur d’influence de l’O.I.F., qui peut jouer en faveur du développement durable, se déploie dans son ancrage dans la société civile : elle est en effet interconnectée avec une multitude d’acteurs, dépendants (comme l’Agence Universitaire de la Francophonie) ou non de sa structure (réseaux partenaires et professionnels44), organisations non gouvernementales dites O.N.G.)45). L’O.I.F. peut profiter de son statut d’organisation intergouvernementale pour mettre en œuvre une politique efficace de développement durable - elle dispose de la capacité juridique d’émettre des normes internationales46) - un pouvoir immense, comparable à celui d’autres organisations intergouvernementales telles que l’O.N.U., et qui peut affecter ses états-membres en un temps précis.

    Nous ne pouvons établir la pertinence de l’O.I.F. par rapport au développement durable sans mentionner la dimension Nord/Sud qui l’anime. Cette dimension se démontre d’abord par l’histoire de l’O.I.F. : contrairement à une croyance répandue, cette organisation n’est pas née de la volonté de Français mais de Francophones - les quatre pères fondateurs de la francophonie, qui ont décidé la première ébauche institutionnelle de l’O.I.F. (Niamey, 1970), ne sont pas européens mais africains et asiatiques47). Les états-membres de l’O.I.F. viennent aussi bien du Nord que du Sud, et de ce fait déploient une grande disparité politico-économique : ainsi, si plusieurs états se retrouvent en tête des pays développés (France, Suisse, Canada) et appartiennent aux grandes organisations internationales, tel le G8, 24 membres de l’O.I.F. appartiennent au groupe des pays les moins avancés48). L’O.I.F., par sa variété, reflète bien la réalité économique de demain - entendons un monde multipolaire49). Cette brève présentation nous montre la pertinence de l’O.I.F. pour le développement durable.

       2. L’Organisation Internationale de la Francophonie (O.I.F.) et le developpement durable : sommets et conferences

    Comment l’O.I.F. a-t-elle intégré puis officialisé sa politique de développement durable ? Quels sont les dates essentielles à retenir ? Nous nous bornerons dans cette partie aux plus importantes.

    En 1988, à la suite du 2e sommet de la Francophonie à Québec (1987), l’Institut de l’Energie des Pays ayant en commun l’usage du Français (I.E.P.F.) a été créé. Progressivement, cet institut va intégrer les problématiques spécifiques du développement durable. Après avoir adopté les résolutions du Sommet de la Terre de Rio 1992, il devient en 1996 l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie50). La conférence de Rio+20 de 2012 l’amène à se transformer en 2013 en Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD)51) (nous aborderons plus en détail cet organisme dans notre deuxième partie II/1/).

    L’O.I.F. ne se contente pas de créer un organe administratif pour produire une politique de développement durable. A diverses reprises, elle marque officiellement sa volonté de produire une telle politique : ainsi, en octobre 2002, la déclaration de Beyrouth (IXe Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement) proclame le désir de mettre la francophonie au service d’un « développement économique et social durable ». Dans cet objectif, l’O.I.F. donnera la priorité « à l’éducation et à la formation 52) ».

    Par ailleurs, au sommet de Ouagadougou des 26-27 novembre 2004, la Francophonie répète dans sa « Déclaration » l’importance qu’elle attache au développement durable. Mieux encore, elle y définit sa vision spécifique au travers de cinq piliers : « la gestion maîtrisée et saine des ressources naturelles, un progrès économique inclusif et continu, un développement social équitable faisant appel à la tolérance et s’appuyant sur l’éducation et la formation, des garanties de démocratie et d’Etat de droit à tous les citoyens et une large ouverture à la diversité culturelle et linguistique53) ». L’humanisme de cette vision ne peut que nous frapper : le développement durable est considéré comme un tout où s’entremêlent culture, civilisation, droits de l’Homme, démocratie, développement économique, social et équitable.

    Mais le sommet de Ouagadougou va plus loin encore : l’O.I.F. insère en effet le développement durable dans son cadre stratégique décennal54) - une orientation générale des politiques pour la décennie à venir. Parmi les quatre missions qui définissent les lignes politiques, le développement durable possède une mission spécifique (la « mission D »)55). Celle-ci se décline au travers de deux objectifs stratégiques56) et se développe en 6 programmes, qui vont de l’appui institutionnel apporté par la Francophonie à des mises en œuvre de stratégies nationales en passant par un soutien institutionnel aux pays pauvres de la francophonie face aux politiques environnementales internationales57). Ajoutons que ces missions et ces objectifs sont en accord total avec ceux proposés par les principales conventions des Nations Unies58).

    C’est également durant ce sommet que la Francophonie confie la mise en œuvre de la politique de développement durable à deux directions : l’Institut de l’Energie des Pays Francophones (I.E.P.F.) (aujourd’hui l’I.F.D.D.) et la Direction du Développement Durable et de la Solidarité (D.D.D.S.) 59) – organe qui, à sa création, s’occupait principalement de questions économiques 60).

    Par la suite, à plusieurs reprises, la Francophonie réaffirmera sa volonté de s’occuper du développement durable : en 2005, lors de la conférence ministérielle de Tananarive (Madagascar), elle l’inscrit comme l’un des objectifs à atteindre dans sa nouvelle Charte (1er article), adoptée le 23 novembre61). De même, les 23-24 octobre 2010, lors de la Déclaration de Montreux, les chefs d’Etat et de gouvernement marquent à nouveau leur volonté de promouvoir le développement durable à travers un ensemble d’initiatives62). Autant de sommets et de conférences qui nous démontrent que d’un point de vue officiel, la Francophonie considère le développement durable comme un chantier prioritaire.

    15)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.22.  16)« La Francophonie en chiffres », in site Internet de l’Organisation Internationale de la Francophonie, http://www.francophonie.org/-La-Francophonie-en-chiffres-.html.  17)Ibid., p.55 et p.62.  18)Ibid., p.57.  19)Ibid., p.66.  20)« La Francophonie en chiffres », in site Internet de l’Organisation Internationale de la Francophonie, http://www.francophonie.org/-La-Francophonie-en-chiffres-.html.  21)Notons la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement), le HCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) ou encore l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture).  22)Parmi lesquelles : l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), l’OIT (Organisation Internationale du Travail), le CIO (Comité International Olympique), l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Assemblée parlementaire de l’Union de l’Europe Occidentale, l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) in « Etat des lieux du français dans le monde », in site Internet du ministère des affaires étrangères français, www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/promotion-de-la-francophonie-et-de/pourquoipromouvoir-la-langue/article/etat-des-lieux-du-francais-dans-le.  23)≪ Etat des lieux du francais dans le monde ≫, op.cit.  24)Ibid., op.cit.  25)Céline Carrère, Maria Masood, Le poids économique de la langue française dans le monde, Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi), Université de Genève, 4 décembre 2012, p.4.  26)« Etat des lieux du français dans le monde », op.cit.  27)Céline Carrère, Maria Masood, op.cit., p.5.  28)Ibid., p.6.  29)« Etat des lieux du français dans le monde », op.cit.  30)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.55.  31)Alain Barluet, « Le laborieux essor d’une « diplomatie francophone », in Lefigaro.fr, jeudi 11 octobre 2012.  32)« La Francophonie en chiffres », op.cit.  33)Ibid., p.67.  34)Ibid., p.62.  35)Alain Barluet, op.cit.  36)« La Francophonie en chiffres », op.cit.  37)Dominique Wolton, op.cit., p.67.  38)Ibid., p.67.  39)Micheline Calmy-Rey, « La Francophonie dans la gouvernance mondiale », in Géoéconomie, 2010/4, n°55, p.36.  40)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.237.  41)Michel Guillou, op.cit., p.98. (Ce point sera davantage développé dans la sous-partie III/2/).  42)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.228.  43)Abdou Diouf, « Les défis de la francophonie », in Revue internationale et stratégique, 2008/3, n°71, p.35.  44)Micheline Calmy-Rey, op.cit., p.35.  45)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.241.  46)Ibid., p.230.  47)Citons-les : Léopold Sédar Senghor, Sénégal ; Norodom Sihanouk, Cambodge ; Hamani Diori, Niger ; Habib Bourguiba, Tunisie (Dominique Wolton, op.cit., p.22).  48)Dominique Wolton, op.cit., p.67.  49)Claude Albagli, « Francophonie et développement durable » in Hermès La Revue, 2004/3, n°40, p.339.  50)« A propos de l’I.F.D.D. » in site Internet de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), www.ifdd.francophonie.org/ifdd/.  51)« La Francophonie au service du développement durable », in Brochure de présentation de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), p.2, téléchargeable sur le site Internet de l’IFDD, http://www.ifdd.francophonie.org/ifdd/index.php).  52)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.361.  53)Ibid., p.373.  54)Nar Gueye, op.cit., p.6.  55)Ibid. op.cit.,  56)Les voici énumérés : 1) Contribuer par la coopération aux efforts de réduction de la pauvreté dans une stratégie de développement durable (DD) ; 2) Contribuer à l’intégration des Pays en Voie de Développement (PVD) et des Pays les Moins Avancés (PMA) francophones à l’économie mondiale (Fatimata Dia Touré, « Les initiatives francophones en faveur du développement durable » in Revue internationale et stratégique, 2008/3 n°71, p.86-88).  57)Ibid.  58)Nar Gueye, op.cit., p.6.  59)Fatimata Dia Touré, op.cit., p.85.  60)Cet organe, autrefois nommé la Direction de la Coopération Economique D.C.E.), traitait de questions économiques de la francophonie. Il est maintenant chargé de faire une politique de développement durable (in « Historique » in site Internet Espace économique de la Francophonie, http://www.espace-economique.francophonie.org/HISTORIQUE-DE-LADIRECTION-DU.html).  61)« L’Organisation internationale de la Francophonie » in site Internet La Documentation française, http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/francophonie/oif.shtml.  62)Voici ici les points les plus importants : une recherche davantage axée sur le développement durable, la diffusion d’un Mécanisme pour un Développement Propre (MDP), la lutte contre la désertification, une gestion responsable et durable des forêts, la publication d’un atlas de la biodiversité, la réaffirmation de mise en oeuvre d’engagements internationaux antérieurs (Conférence de Copenhague, 10e Conférence de Nagoya sur la diversité biologique, Conventions de l’UNESCO) (Trang Pha, Michel Guillou, op.cit., p.434-435).

    Ⅱ?Le fonctionnement des organismes dependant de l’O.I.F. : des exemples d’actions

       1. Bref apercu des instruments et des initiatives de l’O.I.F. : la D.D.D.S. et l’I.F.D.D.

    Etudions maintenant les instruments de l’O.I.F. pour mettre en œuvre une politique de développement durable.

    L’O.I.F. a confié à deux organes la gestion d’une politique de développement durable : la Direction du Développement Durable et de la Solidarité (D.D.D.S.) et l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (I.F.D.D.).

    Le premier organe - la Direction du Développement Durable et de la Solidarité (D.D.D.S.) - a attribué au développement durable l’un des deux volets de son programme politique. Intitulé « Volet développement durable et solidarité », il comporte trois programmes : le « Programme spécial de Développement » (PSD) (qui touche essentiellement la lutte contre la pauvreté en se basant sur l’action des communautés), le « Programme d’appui au Développement Local » (PADL) (qui cherche à planifier les initiatives locales pour lutter contre la pauvreté) et le projet « Economie de Proximité » (organisation et promotion des filières artisanales locales)63). Ces trois projets placent la lutte contre pauvreté dans une dimension environnementale et accordent une grande attention aux acteurs locaux, comme les artisans (mise en place, par exemple, de dispositifs de « micro-finance »64)). L’autre volet du programme politique de la D.D.D.S., qui s’intitule « Coopération économique », traite aussi du développement durable mais d’une manière plus indirecte : il axe en priorité sa démarche sur le lien économie- développement durable tout en l’associant avec une dimension Nord/Sud ; aussi les projets qu’il propose relèvent essentiellement du développement économique solidaire (il cible par exemple des stratégies nationales d’allègement de la dette des pays francophones les plus pauvres65)). Au travers de cette brève présentation, l’on comprend que la D.D.D.S. a surtout l’ambition de traiter le développement durable sous l’angle économique.

    L’autre organe de la Francophonie qui produit une politique de développement durable est l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (I.F.F.D.). Créé en 1988 à la suite du sommet de Québec, nommé dans un premier temps I.E.P.F., et devenu après le 31 janvier 2013 I.F.F.D., il génère une politique de développement durable différente de la D.D.D.S. Alors que cette dernière s’attaque au développement durable par l’économie, l’I.F.F.D., lui, le traite davantage par le biais environnemental et énergétique.

    Non content d’aider les pays francophones « aux négociations internationales sur l’environnement et le développement durable », d’« aider les acteurs de développement à mettre en œuvre des programmes de développement durable »66) et à rechercher divers partenariats (avec des organisations internationales, universités, villes, entreprises, ONG⋯) pour mettre en œuvre des projets de développement durable67) , l’I.F.D.D. utilise surtout l’éducation à l’environnement dans le cadre de sa politique68) - or l’on sait que l’éducation à l’environnement est considérée par l’UNESCO comme une politique de développement durable extrêmement efficace69). Chaque année, cet institut forme 400 cadres, fait paraitre 20 publications, des revues (comme Liaison Energie Francophones (L.E.F.)70), et sensibilise plus de deux milliers de personnes par le biais d’ateliers, de concertations et de rencontres71).

    Ces deux organismes ayant été présentés, il nous faut maintenant analyser en détail le type de politique qu’ils peuvent produire. Pour ce faire, nous avons choisi d’étudier ici le site web Médiaterre, qui dépend de l’I.F.D.D.

       2. Une politique de developpement durable de terrain : l’exemple de Mediaterre

    Le site Internet Médiaterre, « système mondial d’information francophone pour le développement durable », offre un exemple concret du type de politique de développement durable que peut produire l’O.I.F., par le biais de l’I.F.D.D.72).

    Dépendant de l’I.F.D.D., Médiaterre est un site Internet qui s’appuie sur le partage de l’information (contributions, articles, dépêches d’actualité, interactions avec les réseaux sociaux). Il informe de tous les événements politiques, éducatifs, économiques et culturels, qui touchent de près ou de loin le développement durable, et ayant lieu dans l’espace francophone. D’après sa brochure de présentation, 9900 membres y ont un compte, pas moins de 8000 dépêches ayant trait au développement durable y sont publiées73), il accueille 5000 visites par jour, et a plus de 2,6 millions de pages consultées par mois74).

    Cette rapide description nous montre que Médiaterre génère une politique intéressante de développement durable qui donne la priorité à la sensibilisation et à l’éducation à l’environnement – deux axes politiques fondamentaux pour une politique ambitieuse de développement durable75). Ces deux axes sont d’autant plus pertinents lorsqu’on sait qu’en termes de conscience environnementale, il existe un important écart entre les pays du Nord et du Sud76) - un problème auquel le cadre francophone est en mesure de répondre.

    Concernant le volet éducatif, on peut lire sur le site Médiaterre des dépêches et des articles liés à l’environnement. Ces données, organisées chronologiquement ou par sections, peuvent se classer en plusieurs catégories : a) des informations sur les colloques, les prix et les rencontres internationales qui traitent d’environnement et qui peuvent aider le lecteur du site Internet77) ; des informations traitant des acteurs qui jouent dans le développement durable (organisations internationales, entreprises⋯)78) ; des notes d’actualité concernant les risques environnementaux et la biodiversité79) ; des notes bibliographiques sur le développement durable80). Il est également possible de télécharger des guides précis liés au développement durable81) ou encore se connecter à des journaux francophones soucieux de développement durable82). Autant d’outils susceptibles de modifier les comportements individuels envers l’environnement.

    Le portail Médiaterre sollicite également des processus politiques modernes. En se basant sur le partage de l’information et les communautés virtuelles, il fait sien le concept de « développement participatif », qui demande au citoyen de militer à sa propre échelle83). Bien que cette approche de développement participatif ne soit pas sans failles (par exemple, les acteurs peuvent faire montre d’une certaine passivité, et tous les groupes ne sont pas représentés84)), elle a néanmoins l’atout de mettre en relation aussi bien des spécialistes que des citoyens – et ce, à bas coût.

    L’autre force de Médiaterre, essentielle pour une politique efficace de développement durable, est le fait qu’il mette en relation une grande diversité d’acteurs : outre l’O.I.F., qui en est le principal opérateur, interviennent des acteurs étatiques (Comité syndical francophone de l’éducation et de l’information, Burkina-Faso), des universités francophones (Faculté de foresterie de l’Université de Moncton basée au Canada dans le Nouveau-Brunswick), des instituts de recherche (ARMINES, Ecole nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne, France), des ONG (Environnement et développement du Tiers-Monde, Sénégal) et des compagnies françaises (Joelle Palmieri consultant)85). Tout un réseau francophone aussi bien implanté dans le Nord que dans le Sud comme le démontre les pays cités comme partenaires du site Internet : France, Canada, Belgique, Burkina-Faso, Maroc, Madagascar, Côte d’Ivoire, Maurice, Haïti, Sénégal, Cameroun86).

    Mais la modernité de Médiaterre se révèle également dans sa manière de fonctionner : parce qu’il utilise Internet, il annonce la troisième révolution industrielle en cours87) - tout en plaçant au passage le français comme langue de développement durable. Il s’inscrit tout pareillement dans la révolution Internet qui touche actuellement l’enseignement supérieur - une condition pouvant provoquer, selon l’intellectuel et économiste américain Jeffrey D. Sachs, une politique de développement durable véritablement globale88). Ajoutons que la démarche de ce site Internet s’inspire de celle de l’ONU qui, tout récemment, a décidé de créer un réseau Internet dédié au développement durable et qui met en connexion une grande diversité d’acteurs89).

    Ce site Internet constitue enfin un exemple intéressant de coopération technologique internationale en faveur du développement durable, interconnectant quantité d’acteurs, aussi bien privés que publics. Aux dires de Jeffrey Sachs, une telle approche sera fréquemment utilisée à l’avenir90).

    63)« Les actions de la DDS » in site web Espace économique francophonie, Organisation Internationale de la Francophonie, http://www.espaceeconomique.francophonie.org/LES-ACTIONS-DE-LA-DDS.html.  64)Ibid.  65)Ibid.  66)« La francophonie au service du développement durable », in Institut de la francophonie pour le développement durable, Organisation Internationale de la Francophonie, op.cit., p.2.  67)Ibid., p.10.  68)« A propos de l’IFDD » op.cit.  69)K. V. Thai, D. Rahm, J. D. Coggburn, Handbook of Globalization and the Environment, Taylor & Francis Group, 2007, p.236.  70)« La francophonie au service du développement durable », op.cit., p.9.  71)Ibid., p.2.  72)Ce portail est animé en codirection avec le CIRIDD (Centre International de Ressources et d’Innovation pour le Développement Durable, Saint-Etienne, France) (« Les partenaires de Mediaterre », in site Internet Médiaterre, http://www.mediaterre.org/static/partenaires.html).  73)« La francophonie au service du développement durable », op.cit., p.9.  74)« A propos de Médiaterre », in site Internet Médiaterre. http://www.mediaterre.org/static/apropos.html.  75)K. V. Thai, D. Rahm, J. D. Coggburn, op.cit., p.236.  76)Un sondage, datant de 1999-2002, démontre que 10% des citoyens de pays post-industriels pensent que l’homme doit dominer la nature, alors que dans les pays sous-développés, ils sont 25% à le penser (Ibid., p.243).  77)Par exemple, « La quatrième session du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable », in site Internet Médiaterre, http://www.mediaterre.org/archives.html.  78)Par exemple, « Economie circulaire : Renault poursuit son engagement avec la Fondation Ellen Mac-Arthur », in site Internet Médiaterre, http://www.mediaterre.org/archives.html.  79)Par exemple « Les écosystèmes marin et côtier menacés d’extinction au Cameroun », in site Internet Médiaterre, http://www.mediaterre.org/archives.html.  80)Par exemple « Vient de paraître : Résilience et environnement – Penser les changements socio-écologiques », http://www.mediaterre.org/archives.html.  81)Citons le guide de gestion efficace de l’eau et respectueuse de l’environnement « Technologies de l’eau et de l’assainissement » in site Internet Médiaterre, www.mediaterre.org/dossiers,TECHEAUA.  82)Référence vers “l’Interdisciplinaire”, un journal édité par l’Institut Environnement et Société de l’Université de Laval, au Québec, in site Internet Médiaterre, http://www.mediaterre.org/dossiers, Journallinterdisciplinair.html.  83)P. P. Rogers, K. F. Jalal, J. A. Boyd, An introduction to sustainable development, Harvard University Press, 2006, p.228.  84)Ibid., p.229.  85)“Les partenaires de Médiaterre”, op.cit.  86)Ibid.  87)La troisième révolution industrielle diffère des précédentes en cela que l’énergie, qui en est l’élément central, ne s’appuie pas que sur des éléments matériels et naturels (pétrole, gaz, etc.) mais fait appel également à des éléments dématérialisés (information, technologie numérique) et une politique davantage respectueuse de l’environnement (in Kandeh K. Yumkella, “The Energy Internet”, in Project Syndicate, www.project-syndicate.org/commentary/kandeh-k--yumkella-proposes-three-coalitions-that-could-catalyze-the-third-industrial-revolution).  88)Jeffrey D. Sachs, “The Age of Sustainable Development”, in Project Syndicate; www.project-syndicate.org/commentary/jeffrey-d--sachsproposes-a- new-curriculum-for-a-new-era.  89)“The Sustainable Development Solutions Network – a global initiative for the united nations” (disponible en ligne à l’adresse http://unsdsn.org/).  90)Jeffrey D. Sachs, “Technological Cooperation” in Project Syndicate; www.project-syndicate.org/commentary/technological-cooperation.

    Ⅲ?Forces et obstacles de l’O.I.F. pour produire une politique de developpement durable

    Après avoir étudié en détail la politique de développement durable d’un organe dépendant de l’O.I.F., il convient maintenant de nous interroger sur les forces et les faiblesses de l’O.I.F. dans leur ensemble. A long terme, la politique de développement durable produite par l’O.I.F. est-elle fragile ? Ou peut-elle être plus ambitieuse ? Quelles sont les forces et les faiblesses de l’O.I.F. par rapport aux autres acteurs internationaux qui produisent de leur côté une politique de développement durable ?

       1. Des forces de l’O.I.F. par rapport aux autres acteurs internationaux du developpement durable?

    Par rapport aux autres acteurs internationaux, quelles sont les forces de l’O.I.F. pour produire une politique de développement durable ?

    D’après les statistiques, il n’y a pas moins de 200 grandes organisations internationales qui produisent une politique touchant de près ou de loin au développement durable91). Par rapport à certaines de ces organisations, comme l’O.M.S. (Organisation mondiale de la santé), et surtout l’O.N.U., l’O.I.F. donne l’impression d’être un acteur plutôt faible. Pensons de même aux organisations intergouvernementales et parmi elles, citons la F.A.O., l’U.N.I.C.E.F., l’O.M.S., l’U.N.E.S.C.O., la W.M.O., l’A.I.E.A⋯. Force est de constater que toutes produisent une politique de développement durable au niveau global92). Et que dire des organisations internationales jouant un rôle de premier plan ? Par exemple, la Banque Mondiale qui - en dépit de toutes les critiques dont elle est l’objet - propose au travers de ses projets une politique de développement durable93). Ou encore, de manière très indirecte, à l’Organisation Mondiale du Commerce (O.M.C.)94).

    Pour autant, cette liste d’acteurs ne doit pas impressionner : il est avéré que si toutes ces organisations intègrent dans leurs politiques des éléments de politique de développement durable, elles ne visent pas, contrairement à l’O.I.F., en priorité cette politique – d’où leur première faiblesse. L’autre faiblesse de ces organisations, et que ne connaît pas l’O.I.F., est que la production d’une politique de développement durable peut les amener à se contredire : l’O.M.C., par exemple, considérera une législation protégeant des dauphins comme restreignant la liberté du commerce95). Leurs actions peuvent aussi bafouer le développement durable : ainsi, la Banque mondiale a souvent soutenu des projets qui ne respectaient pas l’environnement96). Par rapport à ce type d’acteur, l’O.I.F. nous apparaît donc comme pertinent.

    Mais qu’en est-il de la comparaison de l’O.I.F. avec « la reine » des organisations internationales – l’O.N.U. ? Cette dernière a joué un rôle capital pour diriger une politique internationale en faveur du développement durable – citons ici la convention de Stockholm (1972), le rapport Bruntland ayant défini le développement durable, le Sommet de la terre, la Déclaration de Rio, la création de l’Agenda 21 (1992), le protocole de Kyoto de 1997, la déclaration du millénaire (2000), les différents sommets et conférences (Johannesburg, Copenhague de 2009)97) , et les conventions spécifiques (par exemple la convention sur la biodiversité de 1992 ou sur la désertification de 199498))⋯ Les réalisations onusiennes sont impressionnantes et peuvent amener à percevoir l’O.I.F. comme un acteur qui n’est guère convaincant.

    Cependant, si l’on compare en détail les deux institutions, nous remarquons rapidement des faiblesses du côté de l’O.N.U. : souvent en proie à des conflits politiques – comme l’a illustré l’affaire de la crise irakienne de 2004 –, malgré toutes ses qualités, elle a déjà connu de grands échecs dans les politiques environnementales : le refus des Etats-Unis, alors dirigés par G.W. Bush, de signer le protocole de Kyoto en 2001 constitue l’exemple le plus notable99). Une autre faiblesse de l’O.N.U. réside dans les tensions Nord / Sud qui agitent ses membres 100). L’O.I.F., qui a intégré au cœur de sa politique ce dialogue possède ici un avantage important par rapport à l’O.N.U. ; même si l’O.I.F. n’est pas elle non plus à l’abri de tensions, nous pouvons cependant la penser comme plus efficace que l’O.N.U. sur ce point. L’O.N.U., par son rayonnement et ses réalisations, reste malgré tout un modèle positif pour l’O.I.F.

    Et qu’en est-il de la comparaison de l’O.I.F. avec le P.N.U.E. (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), cette agence de l’O.NU. dédiée à l’environnement ? Cette dernière organisation se voit fréquemment critiquée pour ses faiblesses : notons d’abord que de toutes les autres organisations dépendant de l’ONU, elle est celle qui possède le personnel et le budget le plus petit 101). On lui reproche de manquer d’objectifs clairs102). En outre, subissant la concurrence d’autres organisations dépendant de l’ONU (par exemple la Commission sur le Développement Durable), son action perd de l’importance103). L’autre faiblesse de cette organisation se trouve dans ses limites (taille, budget, entre autres) qui ne la rendent guère apte à traiter les problèmes complexes et globaux du développement durable104). Des faiblesses qui montrent que l’O.I.F. est pertinente - l’O.I.F. qui, par ailleurs, est déjà parvenue à prendre des décisions politiques globales et complexes (son combat lors du Sommet de Maurice pour l’exception culturelle en 1993105)).

    Par rapport aux O.N.G., on pourrait regretter chez l’O.I.F. une certaine lourdeur administrative, un manque d’efficacité, en raison de son caractère intergouvernemental. Les O.N.G., qui peuvent se regrouper en vastes entités (par exemple le Conseil mondial des affaires sur le développement durable - le W.B.C.S.D.106) -, une coalition qui regroupe plus de 175 entreprises multinationales107) ), sont souvent perçues comme les acteurs de premier plan d’une politique dynamique. Véritables organisations professionnelles, parfois hautement hiérarchisées, s’illustrant souvent au travers de coups d’éclat médiatiques, et ayant accès aux cercles restreints des élites, elles sont capables d’influencer avec efficacité les politiques108). Une autre force des O.N.G. réside dans leur profond ancrage dans la société civile109) : selon les sondages, 5% des Français, 20% des Hollandais et 8% des Britanniques appartiendraient à une O.N.G. en faveur de l’environnement et donc du développement durable110).

    Néanmoins, ces acteurs pâtissent de défauts structurels : parce qu’elles dépendent des fonds collectés, elles peuvent subir de sérieuses contraintes financières111). Leur élitisme et leur manque de démocratie (Greenpeace est souvent critiquée sur ce point)112), tout comme leur trop grande spécialisation113) (que l’on ne peut reprocher à l’O.I.F.) ont été également l’objet de reproches. Enfin, face à des administrations qui ont le pouvoir juridique d’émettre des normes, les O.N.G. peuvent dévoiler certaines faiblesses - comme par exemple tomber sous la coupe d’un Etat ou d’une organisation internationale114). En raison de son caractère intergouvernemental, l’O.I.F. est à l’abri de ces différents risques. Ajoutons à la charge de cette organisation qu’elle peut utiliser des O.N.G. au service d’une politique de développement durable puisqu’elle entretient des liens avec 63 organisations internationales non gouvernementales115). L’O.I.F. peut par conséquent, si elle se donne les moyens de son ambition, mobiliser à son service les atouts des O.N.G.

    Et qu’en est-il des institutions régionales (telle que l’Union Européenne)? Sont-elles plus pertinentes que l’O.I.F. pour produire une politique de développement durable au niveau international ? L’une des forces de ce type d’organisation est de jouer sur plusieurs échelles (locales, nationales, régionales), atout qui leur donne la possibilité d’embrasser des problématiques étendues et complexes, qui touchent à de multiples domaines (conflits, problèmes économiques, etc.)116). En outre, parce qu’une régionalisation du monde est en cours, ces institutions ont capturé, ces dernières décennies, et dans le monde multipolaire en formation, de plus en plus de pouvoir117). Beaucoup d’entre elles, sur différents continents, produisent ainsi une politique de développement durable importante : l’Union Européenne (leader en matière de développement durable118)) et ses législations environnementales ; les conférences ministérielles africaines sur l’environnement ; l’A.P.E.C. (Coopération économique pour l’AsiePacifique), qui réunit périodiquement les ministres d’environnement119) ; ou encore l’A.S.E.A.N. (Association des Nations de l’Asie du Sud-Est), qui a un plan stratégique pour l’environnement120) ⋯ Elles peuvent donc sembler plus convaincantes que l’O.I.F.

    L’O.I.F., cependant, possède une force que ces institutions n’ont pas : son ancrage sur cinq continents – l’espace francophone. Non cloisonnée à un espace géographique précis, en phase avec le monde multipolaire et abolissant les frontières politiques, l’O.I.F. peut profiter de ses avantages d’être une union géoculturelle121). Basée sur une communauté linguistique, elle peut aborder des problématiques d’envergure planétaire alors que les institutions régionales, telles l’Union Européenne, demeurent bloquées dans leur géographie.

    Ces différents constats nous amènent donc à penser que d’un point de vue global, l’O.I.F. possède de multiples atouts pour produire une politique ambitieuse de développement durable.

       2. ? aux obstacles que rencontre cette organisation pour produire une politique de developpement durable et aux pistes pour y repondre

    Si l’O.I.F. dispose de forces, elle doit aussi surmonter des obstacles qui entravent sa politique de développement durable.

    Le premier de ces obstacles se situe dans la maigreur de son budget. Pour la seule année 2008, ce dernier (sans compter ses opérateurs extérieurs122)) s’élevait à 84,8 millions d’euros123). Or, il se révèle bien faible par rapport au budget du P.N.U.E.?(Programme des Nations Unies pour l’Environnement) qui, pour les deux années 2008-2009 (début de la crise) s’échelonnait à 223,6 millions d’euros 124) (en dollars, 306 millions). Ce contraste est d’autant plus frappant que le P.N.U.E. traite uniquement du développement durable et environnement alors que l’O.I.F. gère, en parallèle, d’autres politiques (économie, culture⋯). Ce maigre financement de la francophonie - sujet récurrent de critiques125) - explique en partie les « timides » avancées dans le secteur du développement durable126).

    Le deuxième obstacle est d’ordre institutionnel et questionne l’efficacité des politiques. Il ne faut pas sous-estimer le risque de complication dans les administrations, l’éparpillement des projets et la multiplication d’échelons inutiles. L’intellectuel Dominique Wolton a ainsi constaté qu’en France, pas moins de dix ministères touchaient de près ou de loin à la francophonie127), une dispersion qui affecte l’efficacité des politiques128). Le même problème peut affecter la francophonie : en 2008, les frais de fonctionnement de l’O.I.F. absorbaient encore plus du tiers du budget total129) - notons toutefois que depuis cette date, des efforts ont été effectués 130). L’autre problème lié aux institutions de l’O.I.F. est que leurs actions (ainsi que leurs organes subordonnés, tel l’I.F.F.D.) restent hélas trop souvent ignorées de l’opinion publique131). Conséquemment, elles peuvent être perçues comme rigides, fermées et trop officielles132).

    Le troisième obstacle qui peut freiner l’O.I.F. et sa politique de développement durable, réside dans les actions nocives d’organisations concurrentes : pour les auteurs Trang Phan et Michel Guillou, l’Union Européenne est l’une d’entre elles ; ses institutions privilégient en effet l’anglais, au point d’en négliger le français133) et abaissant de fait l’influence de la francophonie en Europe134). Par ailleurs, la volonté de l’Union Européenne peut entrer en contradiction avec elle développée par le projet francophone135) : citons les lois relatives à l’immigration ou les crises de la politique internationale (la crise irakienne de 2004).

    Le quatrième obstacle qui peut paralyser la production de politique de l’O.I.F., est d’ordre mental et lié à l’histoire en général : la francophonie est en effet souvent associée, et à tort, à une forme moderne de néocolonialisme136). Le passé colonial de la France, âpre, dur et impitoyable, ne peut et ne doit être occulté. Mais le problème est que la France, trop embarrassée par ces périodes sombres et refusant de les reconnaitre officiellement et de manière claire, se réfugie dans une sorte d’« amnésie historique137) ». Comme l’affirme l’intellectuel Dominique Wolton, il est impératif de « sortir le cadavre du placard138) », d’imposer en France un devoir de mémoire d’histoire coloniale et de donner la priorité aux recherches historiques sur cette affaire sombre et douloureuse139). Cet obstacle mental provoque des tensions récurrentes entre la France et les autres Etats francophones - l’ancienne puissance coloniale a tendance à se considérer comme l’actrice centrale de l’organisation francophone alors que la francophonie elle-même déclare se baser sur un modèle multilatéral, d’égalité entre Etats souverains140).

    Le cinquième obstacle, mental et sociétal, se trouve dans le manque d’intérêt des élites françaises et des élites francophones pour la francophonie : les élites françaises semblent afficher un trop grand d’intérêt pour le modèle anglo-saxon, au point d’en être influencées dans leur mode de pensée141) ; beaucoup de hauts-fonctionnaires français ne s’intéressent guère à la francophonie politique et à son avenir142). De même, peu de départements d’universités françaises traitent de la francophonie, une thématique pourtant fondamentale143) et les scientifiques français préfèrent utiliser l’anglais que le français lors de rencontres et conférences internationales144) - alors que le développement durable accorde une large place aux sciences. Quant aux élites francophones, elles semblent plutôt demeurer silencieuses sur les questions relatives à la politique francophone145).

    En dernier lieu, l’américanisation du monde, ou « globalisation » en français (et non « mondialisation »), est un ennemi à ne pas sous-estimer pour la francophonie et qui peut affecter une politique ambitieuse de développement durable. L’américanisation promeut un modèle unique (un système capitalistique débridé s’appuyant sur une société de consommation146)), qui donne la part belle aux Etats-Unis, tentés par l’hégémonie147). Ce processus culturel a un impact profond dans les pays francophones du Nord comme du Sud. Ainsi, citons le cas français ou la culture américaine influence puissamment les médias et les entreprises françaises148) (utilisation de modèles de management anglo-saxons149)). La jeunesse française, elle, se dit plutôt « fascinée par les Etats-Unis » et ne milite guère pour la francophonie150). La politique de développement durable francophone peut donc être négativement affectée par l’américanisation.

    Ces divers obstacles nous montrent donc que l’O.I.F. se situe au début d’un vaste chantier. On est en droit de se demander comment répondre efficacement à tous ces problèmes et défis, qui affectent le développement durable de la francophonie.

    Les pistes pour y répondre ne manquent pas : la francophonie semble d’abord souffrir d’un problème de prise de conscience de la part de l’opinion publique et des élites du monde francophone. Pour lutter efficacement contre ce problème, des universitaires et intellectuels préconisent l’établissement d’Etats-Généraux de la francophonie, qui seraient organisés par l’O.I.F. et les Etats-membres de la francophonie ; les citoyens francophones pourraient y inscrire leurs revendications et leurs projets151) ; il va de soi que dans ce projet, la question du développement durable tiendrait une place importante.

    La prise de conscience intervient aussi dans la vie de tous les jours : il faudrait « bâtir une francophonie du quotidien152) », qui revêtirait diverses formes, est ici de mise : pourquoi ne pas faire flotter le drapeau de la francophonie aux côtés de celui de l’U.E. et de la France lors de grandes rencontres politiques nationales ou internationales ? On pourrait également proposer une coupe de monde de football, un salon international d’arts plastiques francophones153)... et établir des prix internationaux francophones scientifique, littéraire, économique calqués sur le prix Nobel, tout comme établir une Académie francophone, organe prestigieux154). L’éducation a aussi son rôle à jouer : pourquoi ne pas faire étudier davantage la francophonie dans l’enseignement primaire et secondaire en France et dans les Etats francophones ? Pourquoi ne pas établir, comme le suggère Dominique Wolton, un Erasmus francophone155) ?

    La création de nouvelles institutions pourraient également répondre aux défis de la francophonie : un Institut des Hautes-Etudes francophones, qui a pour tâche d’éduquer, de sensibiliser les élites à la francophonie pourrait être mis en place156). Cet institut aurait pour but d’esquisser des projets intellectuels ou politiques sur de multiples sujets (éducatifs, promotion, visa, politique numérique⋯) à la disposition des décideurs de la francophonie157). Le développement durable deviendrait évidemment un des sujets de réflexion de cet institut.

    Une politique ambitieuse de développement durable francophone nécessite également des réponses financières et institutionnelles. Ainsi, le budget de la francophonie devrait être renforcé, en particulier le fonds multilatéral francophone158). Ainsi, la France devrait-elle davantage s’impliquer dans le financement de la francophonie tout comme, d’ailleurs, les Etats francophones du Nord159). Concernant les institutions, l’O.I.F. devrait posséder une personnalité juridique internationale propre160) : de la sorte, les politiques qu’il produit, dont celle de développement durable, auraient davantage de poids.

    Ces quelques idées nous montrent donc l’ampleur du travail qui reste à faire tant dans le domaine du développement durable que de la francophonie.

    91)K. V. Thai, D. Rahm, J. D. Coggburn, op.cit, p.143.  92)Pamela Chasek, The global environment in the twenty-first century : Prospects for international cooperation, United Nations University Press, New York, 2000., p.412.  93)Jay Withgott, Scott Brennan, op.cit., p.40.  94)Ibid., p.40.  95)P. P. Rogers, K. F. Jalal, J. A. Boyd, op.cit., p.207.  96)J. Withgott, S. Brennan, op.cit., p.40.  97)K.V. Thai, D. Rahm, J. D. Coggburn, op.cit., p.157.  98)Neil Carter, op.cit., p.226.  99)Ibid., p.236.  100)Ibid., p.237.  101)Pamela Chasek, op.cit., p.356.  102)Ibid., p.359.  103)Ibid., p.359.  104)Ibid., p.358.  105)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.230.  106)The World Business Council For Sustainable Development.  107)P. P. Rogers, K. F. Jalal, J. A. Boyd, op.cit., p.358.  108)Neil Carter, op.cit., p.131.  109)Par exemple, en Allemagne, elles drainent plus de 900 organisations – soit 3,5 millions de personnes (Ibid.).  110)Ibid., p.132.  111)P Pamela S. Chasek, op.cit., p.149.  112)Neil Carter, op.cit., p.136.  113)Pamela Chasek, op.cit., p.150.  114)Ibid., p.150.  115)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.241.  116)Pamela Chasek, op.cit., p.267.  117)Jeffrey Sachs, “A World of Regions”, in Project Syndicate, www.project-syndicate.org/commentary/a-world-of-regions.  118)Ibid.  119)Pamela Chasek, op.cit., p.257.  120)Ibid,, p.262.  121)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.22.  122)Ses opérateurs sont l’AUF, l’AIMF, l’Université Senghor, TV5 Monde.  123)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.237.  124)« UNEP’s Budget » in United Nations Environment Programme Regional Office for North America (RONA), www.rona.unep.org/documents/General_Jan2010.pdf  125)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.233.  126)Dia Touré Fatimata, op.cit., p.90.  127)Citons le Quai d’Orsay, la Coopération, la Culture, l’Outre-Mer, l’Intérieur, l’Education nationale, l’Elysée, la Jeunesse et les Sports, Bercy, Matignon (Dominique Wolton, op.cit., p117).  128)Ibid.  129)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.238.  130)Ibid., p.238.  131)Dominique Wolton, « « Conclusion » Un atout pour l’autre mondialisation », in Hermès La revue, 2004/3 n°40, p.364.  132)Ibid.  133)Trang Phan, Michel Guillou, Ibid., p.81.  134)Les statistiques officielles sont claires sur ce point : les documents à la Commission européenne, l’organe peut-être le plus puissant de l’U.E., écrits en anglais sont passés de 45,7% en 1996 à 73,5% en 2007, tandis que le français, lui, est passé de 38% à 12,3% pour la même période. Ce constat de la chute du français se fait aussi pour d’autres langues européennes, telles que l’allemand ou l’espagnol (Ibid).  135)Ibid., p.121.  136)Claire Tréan, La francophonie, idées reçues, Le cavalier bleu éditions, Paris, 2006, p.19.  137)Dominique Wolton, « « Conclusion », op.cit., p.364.  138)Ibid.  139)Ibid.  140)Françoise Massart-Piérard, « Les politiques des espaces linguistiques à l’épreuve de la mondialisation », in Revue internationale de politique comparée, 2007/1, Vol. 14, p.17.  141)Dominique Wolton, op.cit., p.121.  142)Michel Guillou, op.cit., p.116.  143)Dominique Wolton, op.cit., p.110.  144)Dominique Wolton, « « Conclusion », op.cit., p.367.  145)Ibid., p.139.  146)Dominique Wolton, L’autre Mondialisation, Paris, Flammarion, 2003, p.81.  147)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.28.  148)Dominique Wolton., op.cit., p.116.  149)Dominique Wolton, « Conclusion », op.cit., p.374.  150)Ibid., p.361.  151)Dominique Wolton, op.cit., p.132-133.  152)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.263.  153)Ibid., p.268.  154)Michel Guillou, op.cit., p.88.  155)Dominique Wolton, op.cit., p.142.  156)Trang Phan, Michel Guillou, op.cit., p.272.  157)Ibid., p.272.  158)Michel Guillou, op.cit., p.98.  159)Dominique Wolton, « Conclusion », op.cit., p.363.  160)Michel Guillou, op.cit., p.80.

    Conclusion

    La politique de développement durable produite par l’Organisation Internationale de la Francophonie annonce, par son ambition, une ébauche intéressante et encourageante de « troisième francophonie161) » ; c’est-à-dire une politique produite par une union géoculturelle basée sur une communauté linguistique, qui ignore les barrières Nord/Sud, privilégie le dialogue des cultures et ouvre la voie à une mondialisation humaniste.

    Pour parvenir à ce constat, nous avons étudié dans une première partie le potentiel de la francophonie – ce cadre francophone d’envergure planétaire au sein duquel s’enchevêtrent diverses réalités – et qui, selon nous, se révèle tout à fait pertinent pour appliquer une politique dynamique de développement durable. Nous avons également présenté comment l’O.I.F. avait officialisé sa volonté de mettre en œuvre une politique de développement durable (le sommet de Ouagadougou de 2004).

    Contrairement à une croyance répandue, comme l’a démontré notre deuxième partie, les actions de l’O.I.F. se révèlent dynamiques et concrètes dans le domaine du développement durable : non content d’utiliser deux organisations162), dans le détail l’O.I.F. génère une politique qui entremêle plusieurs stratégies : l’une d’entre elles vise en priorité la sensibilisation des esprits et l’éducation au développement durable ; cette politique s’appuie également sur les technologies de pointe et les procédés techniques et sociaux les plus récents, comme l’a exposé notre analyse de Médiaterre.

    Comme nous l’avons constaté dans une troisième partie, l’O.I.F. possède des forces au niveau international pour produire une politique de développement durable mais elle doit également affronter différents obstacles. L’énumération de ces forces et obstacles nous aidé à mieux comprendre pourquoi la politique de développement durable, « timide » selon des auteurs163), doit être nuancée.

    Au final, nous pouvons établir ce constat : parce qu’il est un concept politique central dans la mondialisation, le développement durable signe d’une certaine manière le devenir existentiel de la francophonie et son entrée définitive dans la « troisième francophonie ». Interrogeons-nous avec lucidité : la francophonie va-t-elle poursuivre cet effort politique sur ce chantier fondamental ou l’abandonner au risque de se renier elle-même ? Les décennies ultérieures, cruciales, nous le diront.

    161)Ibid., p.22.  162)La Direction du Développement Durable et de la Solidarité (D.D.D.S.) et l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (I.F.D.D.).  163)Dia Touré Fatimata, op.cit., p.90.

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