Etude de texte medieval:les figures feminines dans Le Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu*

Renaud de Beaujeu의 Le Bel Inconnu에 나타난 여성상

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  • ABSTRACT

    본 논문은 아더 왕 이야기를 다룬 중세 소설에 관한 것이다. Le Bel Inconnu에서 주인공은 아더 왕으로부터 Galles 왕국의 왕비인 Blonde Esmérée를 구하라는 임무를 맡는다. 그는 이를 위해 수많은 전투를 치르면서, 마법과 환상으로 가득 찬 몽상적 세계 속으로 깊이 잠입해 들어간 후에야 잃어버린 자신의 과거와 함께 자신의 이름을 되찾게 된다. 이 작품의 독창성은 여성의 힘을 극대화하여 나타내 보여 준다는 데 있다. 결국 마녀들에 의하여 뱀으로 변한 젊은 왕비와의 입맞춤을 나누고서 승리하여 그는 드디어 아더 왕에게 돌아온다. 이렇게 하여 원탁의 기사가 된 그의 결혼은 이제는 마법에서 풀려나 다시 번영하게 된 Galles 왕국에서 이루어진다. 이 소설은 이렇게 기사도와 사랑에의 입문을 다루고 있다. 아더 왕 이야기를 다룬 여타의 작품들과는 달리, 이 작품은 여성 인물에 많은 부분을 할애하고 있다. 작가는 장황하면서도 과장되게 여성 인물들을 그려내고 있다. 그는 주요 인물들 뿐만 아니라, 부수적인 인물들까지도 여성의 미를 찬미하며, 그들의 옷차림에 관해서도 아주 상세하게 묘사하고 있다. 아더 왕 이야기를 다룬 전형적인 작품들처럼, 여기에서 주요 인물인 요정과 왕비는 여러 다른 여성 인물과 마찬가지로 미지의 미남, 후에는 Guinglain이란 영웅에 의하여 구출되는 희생자로 등장한다. 이 두 여성은 주인공뿐만 아니라 서사의 구성에 있어서도 중요한 역할을 담당하고 있다. 요정과 왕비는 서로 많은 유사점을 보여주지만, 부나 아름다움, 지위에서 그 차이가 드러나기도 한다. 그리하여 주인공인 영웅은 두 여성 중에서 누구를 선택해야 할지 몰라 결정을 못하고 망설이는 모습을 보여준다. 요정과 왕비 둘 다 이 영웅과 사랑에의 입문자 역할을 맡고 있는 것 같지만, 결국은 요정만이 그 역할을 한다. 그것은 작가가 실제로 자신이 사랑하는 여인의 마음을 얻기 위하여 작품을 썼기 때문이기도 하다. 이 같은 사실은 소설의 구성에 이중으로 접합되어 있다. 말하자면 감정교육이 삽입된 기사도 소설은 그 자체로서 사랑의 찬가 형태의 자서전으로서 통합되어 있다. 즉 이 소설은 사랑의 욕망에서 출발한 글쓰기의 욕망의 결과이기도 하다.


  • KEYWORD

    heros , description , portrait , fee , femme , amour , beaute , roman

  • Ⅰ. Introduction.

    Datant de la fin du XIIème ou du début du ⅩⅢème siècle, Le Bel Inconnu décrit l’apprentissage d’un jeune homme à la chevalerie et à l’amour. Son auteur, Renaud de Beaujeu, allie merveilleux et maîtrise technique pour relater cette quête initiatique.

    Présenté comme cela, ce roman ne s’écarterait guère de la trame classique du roman arthurien en vers et l’étudier n’apporterait rien de nouveau. Or, il nous semble que l’originalité de cette oeuvre réside dans la grande place qui est faite aux femmes dans l’intrigue, place traditionnellement minorée. Le rôle des femmes est capital dans la progression du héros, un temps appelé Bel Inconnu puis Guinglain, et deux femmes en particulier jouent un rôle prépondérant dans sa vie: Blanches Mains (qui est fée) et Blonde Esmérée (qui est reine). Ce sont elles qui vont doubler la quête initiatique propre à tout roman chevaleresque en éducation sentimentale. C’est cette quasi omniprésence féminine qui nous a poussé à nous y intéresser de plus près en étudiant comment, à travers leurs portraits, tant physiques que moraux, se dessinent leurs véritables personnalités.

    Dans un premier temps, nous nous pencherons sur les descriptions féminines où la beauté y est célébrée puisqu’au Moyen-Age, l’identification de la beauté à la séduction est un exercice obligé. Ce qui nous paraît intéressant ici c’est le lexique utilisé: celui de la démesure, des adverbes d’intensité et des comparaisons. L’ insistance et la précision dans la description confirment l’importance des femmes. Nous y verrons aussi évoluer les personnages, du stade de victimes à celui de dominatrices. Ensuite, nous analyserons les points communs et les divergences de Blanches Mains et Blonde Esmérée, leur tempérament et leurs agissements avant d’examiner, enfin, l’impact des personnages féminins en tant qu’initiatrices puis sur la création même du roman.

    Ⅱ. Les portraits de femmes.

       1. L’eloge de la beaute.

    La femme, comme dans tout roman arthurien, est, ici, représentée dans toute sa beauté. L’auteur en fait presqu’un objet d’admiration en la décrivant admirablement bien grâce à son propre style.

    La première description est celle d’Hélie. Son allure ainsi que ses vêtements sont décrits avec minutie à partir du vers 145. Cette description laisse entrevoir une certaine richesse de cette jeune fille qui n’est autre que la servante de Blonde Esmérée. Suivent les descriptions de personnages plus mineurs, telle Clarie, une jeune fille décrite des vers 708 à 709 mais aussi Margerie plus longuement décrite à partir du vers 1533 jusqu’au vers 1551.

    La description de Blanches Mains se trouve des vers 2221 à 2244. Ce portrait, divisé en quatre parties, est sans nul doute le plus intéressant et le plus riche de l’oeuvre. Sa beauté est décrite comme étant inégalable:

    Dans l’oeuvre, la fée est présentée comme un objet érotique et comme étant l’incarnation de l’amour. Seul son portrait possède cette tonalité érotique:

    Elle est d’ailleurs

    mais elle les surpasse en beauté. Ainsi, elle est assimilée à Hélène, Yseult la Blonde, Biblis, Lavinie de Lombardie ou encore à la fée Morgane des vers 4344 à 4350. Puis, tout comme pour Hélie, l’auteur décrit sa riche toilette, la description des vêtements faisant de fait partie du portrait.

    Renaud de Beaujeu termine par la description, en deux temps, de Blonde Esmérée mais il s’attarde moins sur les détails, des vers 3261 à 3278. La description est ainsi moins informative par son contenu plus restreint. Blonde Esmérée y est comparée à Yseult:

    Remarquons au passage la similarité des noms. Puis, une fois encore, on peut, à la suite de cette description physique, apprécier la richesse de ses vêtements à travers les mots minutieusement choisis par l’auteur. En effet, il insiste plus longuement sur la description de ses vêtements. Catherine Croizy-Naquet explique que:

    Francis Dubost remarque aussi

    Renaud de Beaujeu s’intéresse donc à la mode féminine de l’époque, qui était un véritable marqueur social, en habillant ces personnages d’étoffes magnifiques. Les femmes issuent de la noblesse choisissaient des étoffes somptueuses et rares, souvent incrustées de pierres précieuses afin de faire honneur à leur rang. Il faut ainsi souligner le lien entre beauté et richesse: personne n’est beau s’il ne porte pas de somptueux vêtements. Les belles choses forment un cadre qui souligne la beauté.

    Par ailleurs, plus on avance dans le récit, plus les descriptions sont précises et complexes. De plus, à chaque portrait, on nous dit qu’il n’y a pas de fille plus belle et pourtant, dès qu’il y a une nouvelle description, on a l’impression que la demoiselle est encore plus belle que la précédente. Catherine Croizy-Naquet explique cet effet en écrivant que

    Cela est appuyé par l’accumulation d’hyperboles et de superlatifs. Le thème de la beauté hyperbolique est présent dans plusieurs des portraits. Renaud de Beaujeu dit d’Hélie :

    Puis, l’auteur dira de Clarie qu’elle est

    En ce qui concerne la beauté de Margerie, l’auteur écrit :

    Mais c’est pour Blanches Mains que Renaud de Beaujeu insiste le plus :

    Il termine avec le personnage de Blonde Esmérée qui est moins mis en valeur :

    Il y a beaucoup de comparaisons de leur beauté avec des éléments naturels, ce qui ne fait que renforcer leur beauté naturelle. Sans doute est-ce là un nouveau thème: celui de la Nature. Par ailleurs, c’est dans le deuxième portrait de Blanches Mains que l’auteur adjoint la thématique de l’indicible: toutes les femmes du roman sont si belles que cela en devient intraduisible par de simples mots:

       2. La technique descriptive.

    Dans les descriptions, il est remarquable de constater que l’auteur opère de façon similaire pour tous les personnages féminins. Il décrit selon la tradition médiévale du portrait, c’est à dire de haut en bas, commençant par la chevelure et terminant par la finesse des chevilles. Ainsi, on peut tout à fait s’imaginer leur extrême beauté de leur front jusqu’à leurs pieds. Rien n’est laissé au hasard. Si l’on compare les portraits, on peut remarquer qu’à chaque fois, le front, le teint, les yeux, les joues, les cheveux, les mains, la bouche et le corps entier sont mentionnés plus ou moins longuement. On peut aussi noter que chaque description est structurée puisque Renaud de Beaujeu décrit d’abord le visage (de haut en bas), puis le corps. Catherine Croizy-Naquet explique en outre:

    C’est ici le cas puisque Renaud de Beaujeu s’intéresse de près aux savoirs très étendus, comme nous le verrons un peu plus tard, de Blanches Mains.

    Catherine Croizy-Naquet remarque aussi que

    La fée est toujours décrite en action, qu’elle soit dans sa chambre ou à cheval. Ce procédé génère une impression de vie. Par ailleurs, le portrait

    Les portraits se situent la plupart du temps en début d’épisode, juste avant que ne commence l’aventure du héros. Lorsque le portrait se trouve en fin d’épisode, c’est en général pour couronner la victoire du héros. C’est ainsi le cas lors du portrait de Blanches Mains à partir du vers 2215. Catherine Croizy-Naquet commente cette place réfléchie par l’auteur :

    Renaud de Beaujeu a réussi à créer une attente chez son lecteur. Ce dernier espère découvrir le portrait de celle que Guinglain finira par épouser. C’est pourquoi, comme nous venons de le voir, l’auteur passe d’une description à une autre, nous laissant ainsi présupposer à chaque fois que c’est l’élue. On remarque qu’il termine par le portrait de Blonde Esmérée, pourtant, il est frappant de voir que c’est à la fée que le plus grand nombre de portraits est accordé; celle-ci reste apparemment la plus belle à ses yeux:

    Blonde Esmérée ne semble pas avoir les atouts séducteurs et charmeurs de la belle fée. Selon Catherine Croizy-Naquet:

    Finalement, c’est le portrait de la richesse qui l’emportera sur celui de la beauté. Catherine Croizy-Naquet remarque que c’est au moment où la joie d’amour s’accomplit que cesse la série des portraits:

    Dans la logique romanesque, la description des personnages sert à expliquer la naissance de l’amour ou à justifier les exploits du héros devant la femme aimée. Dans le cas de Guinglain, le désir étant accompli, la description n’a plus lieu d’être.

       3. Des femmes au passe malheureux.

    Toutes ces femmes sont liées par un physique parfait qui va faire rêver le héros mais aussi par un passé plus ou moins difficile. Elles ont d’abord été victimes d’un mauvais sort ou d’un homme. Mais grâce à Guinglain, on découvre le nouveau visage de chacune d’elles qui vont s’avérer être des femmes de caractère.

    Ainsi, Renaud de Beaujeu les présente comme étant avant tout de simples victimes que le héros va devoir délivrer. Il va donc se battre pour elles. Ainsi, en les sauvant, Guinglain est présenté comme le héros de ces dames. Chaque épreuve le glorifie davantage. En un sens, c’est grâce à leur désespoir qu’il va devenir un chevalier renommé. Seule Hélie s’impose tout de suite comme une femme à fort caractère. Venue à la cour du roi Arthur afin de lui demander de l’aide pour sa maîtresse, elle n’hésite pas à montrer son mécontentement lorsque le roi Arthur décide que c’est le Bel Inconnu qui l’aidera :

    De même, pendant tout le trajet, elle ne se prive pas de lui faire remarquer qu’elle ne veut pas de lui

    Puis, au fur et à mesure des épreuves remportées, Hélie s’adoucit et change d’avis sur lui. Non rancunier, il l’aidera d’ailleurs à garder un petit chien en combattant le maître de celui-ci.

    La première épreuve de Guinglain est celle du gué périlleux dans laquelle n’apparaît aucun enjeu féminin. Dans la deuxième, il va secourir Clarie des mains de deux géants qui voulaient la violer. La jeune fille, reconnaissante, lui dit :

    Ainsi, elle accepte d’être soumise à l’homme qui l’a sauvée. De façon caricaturale, on peut dire que, de femme victime, elle devient femme soumise. Puis, c’est au tour de Margerie d’être sauvée par Guinglain. S’ensuit alors l’épreuve de l’épervier qui permet, en quelque sorte, de redonner de la dignité à la demoiselle qui avait été injuriée par un chevalier cruel.

    Ils finissent par arriver à l’île d’Or où Guinglain va libérer la fée Blanches Mains d’une mauvaise coutume. En effet, selon un rite, si au bout de sept ans, le même homme parvient à combattre ceux qui veulent entrer sur l’île d’Or, il pourra épouser la dame. Mais Guinglain réussit à le vaincre et libère ainsi la fée de l’enchantement.

    C’est au tour de Blonde Esmérée d’être sauvée par Guinglain ou plutôt d’être libérée. A l’origine, c’était dans ce seul but que Guinglain était parti à l’aventure, c’était sa mission. Ayant été transformée en guivre, le Bel Inconnu doit l’embrasser pour la libérer de ce sort maléfique: c’est l’épreuve du Fier Baiser. Il accomplit donc sa mission et sauve ainsi Blonde Esmérée de cet enchantement. Elle n’est alors plus sous l’emprise des deux enchanteurs et devient libre.

    Blanches Mains et Blonde Esmérée étant délivrées de leur emprise, on les voit sous un autre jour: derrière une surface fragile, se cachent des femmes de caractère, battantes et déterminées qui vont avoir de l’emprise sur Guinglain.

    La transformation de Blonde Esmérée en guivre, symbole de la femme, évoque la tentation d’Ève dans la Bible. Le symbolisme annonce une sorte de prédiction sur ce qui va arriver à Guinglain puisqu’il va se plonger dans une nouvelle quête, celle de sa sexualité et de son identité. C’est ce que semble annoncer ce serpent. Une fois redevenue femme, Blonde Esmérée semble avoir aussi son propre plan: faire de Guinglain son époux.

    Blanches Mains et Blonde Esmérée vont toutes deux lui faire tourner la tête. Il ne parviendra pas à se décider, c’est pourquoi on peut qualifier notre héros de versatile. Il va sans cesse quitter la fée pour la reine et réciproquement.

    Ainsi, on a le motif de l’homme qui hésite entre plusieurs femmes. Leur beauté commune, leur caractère, leurs biens à peu de choses près similaires, tout pousse le héros à être indécis. C’est pourquoi elles seules sont causes de ses hésitations, d’où leur fort impact sur notre héros, pouvoir insoupçonné au début du roman.

    Si les deux héroïnes sont réunies par leur beauté, elles le sont aussi en de nombreux autres points qu’elles ont en commun. Mais bien qu’elles se ressemblent, elles restent tout de même très différentes.

    1)Renaud de Beaujeu, Le Bel Inconnu, Champion, Paris, 2003, v. 2218-2219.  2)Ibid., v. 2239-2240.  3)Catherine Croizy-Naquet, “L’art du portrait dans Le Bel Inconnu”, Revue de littérature française et comparée, P.U. Pau, p. 12.  4)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 4346.  5)Catherine Croizy-Naquet, op.cit., p. 13.  6)Francis Dubost, Aspects fantastiques de la littérature narrative médiévale (ⅩⅡème–ⅩⅢème siècles), Champion, Paris, 1991, p. 53.  7)Catherine Croizy-Naquet, op. cit., p. 13.  8)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 135-139.  9)Ibid., v. 708-709.  10)Ibid., v. 1544.  11)Ibid., v. 2218-2220  12)Ibid., v. 2227-2230.  13)Ibid., v. 2243-2244.  14)Ibid., v. 2258.  15)Ibid., v. 3262-3263.  16)Ibid., v. 3267-3268.  17)Ibid., v. 3264-3267.  18)Catherine Croizy-Naquet, op. cit., p. 15.  19)Ibid., pp. 15-16.  20)Ibid., p. 16.  21)Ibid., p. 17.  22)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 3272-3275.  23)Catherine Croizy-Naquet, op. cit., p. 18.  24)Ibid., p. 11.  25)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 229-230.  26)Ibid., v. 317-318.  27)Ibid., v. 876-877.

    Ⅲ. Le role des deux heroines.

    Les deux figures féminines qui dominent dans Le Bel Inconnu sont, à l’évidence Blanches Mains (qui, notons-le, n’a pas de nom propre pour la désigner) et Blonde Esmérée. Guinglain les séduit simultanément, chose qu’il ne fait pas avec les autres personnages féminins du roman qu’il se contente de sauver.

       1. Leurs points communs.

    Tout d’abord, leur beauté quasi indescriptible les rassemble et en fait deux icônes que Guinglain ne cesse d’admirer (surtout la fée). Elles sont donc un véritable bonheur pour les yeux, ce qui rend le choix du héros encore plus difficile. On peut ajouter que le fait que ces femmes se ressemblent renforce l’idée de l’impossible choix de Guinglain. Elles sont toutes deux liées au merveilleux puisque l’une est une fée et l’autre a l’apparence d’une guivre lors de sa toute première rencontre avec Guinglain. Même si cette dernière reste une simple humaine, on peut penser que c’est cette image d’elle que garde le héros en mémoire. Elles ont donc un lien commun avec le monde magique. On peut dire que l’une le subit tandis que l’autre l’utilise.

    De plus, toutes les deux étaient sous l’emprise d’un mariage non désiré. Le prétendant de Blanches Mains se nommait Mauger le Gris et celui de Blonde Esmérée était l’enchanteur Mabon qui l’avait transformée en guivre. Tout deux voulaient faire d’elles leurs épouses contre leur gré. Ainsi, le Bel Inconnu s’impose comme leur sauveur commun. Il les a délivrées d’un mariage non désiré et elles se sentent redevables. Elles expriment leur gratitude, à peu de choses près, de la même manière. Blanches Mains lui fait une promesse:

    tandis que Blonde Esmérée déclare:

    Leurs rôles que l’on peut considérer comme très différents à première vue sont, en fait, irrémédiablement liés. C’est la fée elle-même qui avait prévu d’envoyer Guinglain sauver Blonde Esmérée. Sans la fée, Guinglain n’aurait sans doute jamais connu Blonde Esmérée. Elles sont donc liées l’une à l’autre qu’elles le veuillent ou non puisqu’elles se renvoient mutuellement Guinglain. Cette situation crée donc un véritable dilemme pour ce jeune homme qui doit choisir qui des deux femmes deviendra la sienne. Il ira alors d’un lieu à un autre tout au long du roman, indécis. Il s’instaure un va et vient entre deux villes à la fois différentes et semblables: l’île d’Or (chez la fée) et la Gaste Cité (chez la reine). Le lieu représentant chacune des femmes est décrit de manière assez similaire même si la Gaste Cité est un peu moins mise en valeur:

    Quant au château de l’île d’Or, Renaud de Beaujeu le décrit comme il décrit Blanches Mains, c’est-à-dire en employant force superlatifs:

    Ici aussi, alors que les endroits sont quasiment identiques, on note que Renaud de Beaujeu laisse percer une disparité entre les deux places fortes, aussi bien au niveau de la prospérité qu’au niveau de l’esthétique, de la même manière qu’il suggère de légères différences entre les portraits.

    Finalement, nous ne devons pas omettre leur rôle conjoint: l’initiation. Les apports de l’une et l’autre se complètent et feront de Guinglain un homme accompli. En effet, grâce à elles, il sera un parfait chevalier mais aussi un chevalier courtois, comme nous le verrons un peu plus tard.

       2. Leurs differences.

    Mais s’il existe des similitudes entre les deux femmes, il n’en reste pas moins qu’elles sont très différentes.

    Tout d’abord, chacune a son propre statut social : l’une est reine tandis que l’autre est fée. Le mot «fée» vient du latin «fatae» qui signifie «le destin». Les fées ont le pouvoir d’influencer le destin des hommes. Elles président aux trois moments essentiels d’une vie humaine : la naissance, le mariage et la mort. C’est le cas pour la fée Blanches Mains qui joue un rôle primordial dans la vie de Guinglain puisqu’elle est l’instigatrice de la quête, quête qui n’est autre que Blonde Esmérée. Celle-ci représente l’institution du mariage en tant que passage pour prendre sa place dans la société. Son amour avec Guinglain est vécu sur la convenance sociale. Elle fait donc partie du monde réel alors que la fée évolue dans un monde merveilleux. Ainsi, son pouvoir sur lui est plus grand. Elle lui fait découvrir l’érotisme charnel et peut ainsi l’envoûter. Elle va même jusqu’à l’isoler dans une terre de féérie. Philippe Walter remarque:

    Blonde Esmérée joue, elle aussi, un rôle important dans son éducation sentimentale puisqu’elle lui vole un baiser lors de l’épreuve du Fier Baiser. C’est donc la princesse qui l’initie tout d’abord à l’amour. Le premier baiser avec Blonde Esmérée lui permet de découvrir sa sexualité et son identité, même si c’est avec la fée qu’il va plus loin.

    À l’inverse de Blonde Esmérée qui évoque la femme en tant que femme à marier, la fée fait penser à la déesse-mère. De par son nom même, on peut la confondre avec la propre mère de Guinglain, elle aussi une fée nommée Blanchemal. Cela fait donc de Blanches Mains un personnage très ambivalent qui tient à la fois le rôle de mère et celui d’amante. Cela rend du coup leur relation plus ou moins incestueuse. Par son caractère exclusif, elle ressemble à une mère abusive, possessive presque tyrannique. Elle incarne l’amour chimérique.; pratiquant la magie, elle l’envoûte et l’endort dans l’illusion. La fée a donc un triple visage: la mère, l’amante et la femme fatale. Elle représente ainsi l’abondance et la fertilité contrairement à la reine Blonde Esmérée qui symbolise plus le pouvoir mais aussi l’amour sage soumis aux lois sociales. Cette opposition entre les deux femmes reflèterait l’opposition entre le rêve de l’errance juvénile (être libre) et l’exigence de la stabilité conjugale (le mariage).

    Contrairement à Blonde Esmérée qui paraît innocente ou tout du moins, sans secret, la fée semble avoir un double visage. En effet, comme toutes les fées, elle a deux aspects. Le premier, très lumineux, renvoie à sa beauté, à son intelligence, mais aussi à son nom Blanches Mains qui symbolise sa pureté. On sait même qu’elle est cultivée puisqu’elle a fait des études et a appris les arts libéraux:

    Bien que fée, elle s’avère être une dame courtoise parfaitement éduquée. Paradoxalement, son savoir n’est pas surnaturel mais universitaire puisqu’enseigné dans les facultés des arts. Mais elle a aussi un côté beaucoup plus sombre que l’on découvre au fil du récit lorsqu’on apprend toute l’emprise et le pouvoir qu’elle a sur le Bel Inconnu. Renaud de Beaujeu dénombre ses qualifications et c’est ainsi qu’on découvre qu’elle connaît les deux magies:

    Blonde Esmérée n’a pas ce côté presque maléfique que l’on trouve chez la fée Blanches Mains. Laurence Harf-Lancner souligne le fait que:

    Ces deux femmes sont effectivement identifiées par une couleur, ce qui peut sembler très réducteur. Leurs noms rappellent d’ailleurs étrangement ceux d’Iseut la Blonde et Iseut aux Blanches Mains.

    Ce qui caractérise les deux femmes, c’est leur rapport à la lune ou au soleil. D’après Philippe Walter:

    Puis il ajoute au sujet d’Hélie:

    En effet, Blonde Esmérée représente le soleil, elle vit dans le monde diurne, tandis que Blanches Mains représente la lune. Cette dernière est une fée de la nuit, elle est du reste explicitement comparée à la lune:

    Cette fée lunaire subjugue un héros solaire qui, ainsi, risque de perdre sa véritable identité. En s’appuyant sur ce qui suit:

    Philippe Walter écrit:

    Nous avons ainsi l’oscillation du héros entre une fée lunaire et une dame solaire. Cela évoque d’ailleurs le mythe de Perséphone. En période lunaire, c’est la fée qui l’attire alors qu’il reste auprès de Blonde Esmérée en période solaire.

    C’est donc bien dans leurs semblances et dissemblances que la fée et la reine exercent leur séduction sur le héros; à la fois alliées et antagonistes, elles sont des éléments indissociables de la quête du jeune chevalier.

    28)Ibid., v. 2262-2264.  29)Ibid., v. 3304-3305.  30)Ibid., v. 2508.  31)Ibid., v. 1875-1878.  32)Philippe Walter, Le Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu: rite, mythe et roman, P.U.F., Paris, 1996, p. 116.  33)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 1933.  34)Ibid., v. 1935.  35)Laurence Harf-Lancner, “Entre la princesse et la fée: la dame sans merci. Le Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu et le mythe de Tristan.”, Revue de littérature française et comparée, P.U. Pau, 1996, p. 23.  36)Philippe Walter, op. cit., p. 72.  37)Ibid., p. 72.  38)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 2223.  39)Ibid., v. 4550.  40)Philippe Walter, op. cit., p. 71.

    Ⅳ. Les implications de la presence feminine.

    A la fois proches et opposées, ces femmes ont en commun un rôle prépondérant dans l’oeuvre quant au devenir du héros mais aussi dans la structure même du récit et dans son dénouement.

       1. L’initiatrice.

    Par leur rôle d’initiatrice, elles lui forgent un caractère, font de lui un homme, un amant et surtout un chevalier courtois.

    Hélie tient un rôle très important dans la première partie du roman. Elle fait tout d’abord office de messagère quand elle vient à la cour du roi Arthur pour lui demander de l’aide. Puis, on peut dire qu’elle sera considérée comme la voix de la raison pour notre héros. A chaque instant, elle rappelle les devoirs de Guinglain, les risques qu’il court à faire telle ou telle chose. Ainsi, lorsqu’il se trouve chez la fée et qu’il se laisse aller au confort, Hélie se rend compte qu’il se féminise petit à petit. En quelque sorte, il devient une femme et en oublie ses devoirs chevaleresques et ses engagements:

    C’est pourquoi elle va le pousser à quitter la fée pour aller accomplir son devoir. On peut imaginer que sans les efforts de la jeune fille, sa maîtresse serait toujours une guivre et qu’il serait toujours dans ce même confort qu’Hélie lui a fait quitter. Elle a donc eu un rôle très important pour le dénouement du récit.

    On comprend très vite que Guinglain est lié aux femmes, qu’il le veuille ou non. Déjà, quand il arrive à la cour du roi, il ne connaît pas son propre nom, il sait juste que sa mère l’appelait

    À ce moment-là, il n’est donc pas un homme à part entière mais le fils de quelqu’un. Puis, c’est le Roi Arthur qui lui donne le nom de Bel Inconnu, nom qui le laisse encore dans le flou total quant à son identité. C’est alors que Blonde Esmérée et Blanches Mains doivent être considérées comme des initiatrices. Elles ont un rôle primordial dans la quête de son identité et de sa sexualité, comme nous l’avons déjà vu à plusieurs reprises. Ainsi, ses amours avec la fée Blanches Mains peuvent être considérées comme l’ultime initiation avant son passage à l’âge adulte. Dans le roman, le rôle de la fée est de lui révéler son nom et de l’engager dans son destin de chevalier. Laurence Harf-Lancner remarque qu’il y a:

    C’est le cas de Blanches Mains puisqu’il découvre l’amour courtois avec elle. Puis, avec son mariage avec la reine, Guinglain franchit un autre pas: il découvre l’amour matrimonial avec elle. Jusqu’alors, il était paré de toutes les qualités sauf de celle de savoir aimer comme le dit la fée:

    Mais, même s’il se marie avec Blonde Esmérée, c’est avec la fée qu’il découvre, comme le souligne Michèle Perret:

    Il va accéder à la récompense ultime: la joie d’amour dans une scène érotique cachée. C’est donc bien un roman d’éducation sentimentale.

    Par ailleurs, on apprend que c’est la fée Banches Mains qui lui a révélé son identité; à partir du vers 4945, dans une longue tirade, la fée avoue tout son stratagème à Guinglain. On comprend alors très bien ses enjeux:

    On apprend qu’elle l’a connu alors qu’il n’était qu’un enfant et qu’elle l’a suivi depuis. Elle lui a sans doute donné ses armes, elle lui a permis de se perfectionner dans l’art de la chevalerie lors de ses différentes épreuves. Mais en préparant ainsi son destin, elle l’a privé de sa naïveté, de sa jeunesse, de son insouciance. En restant, indirectement, près d’elle, il n’a pas pu se faire une place dans la société. Il est lié à elle comme un fils est lié à sa mère par le cordon ombilical. S’il veut devenir un grand chevalier, il doit briser ce lien très fort qui les unit. Il est comme aliéné, dépossédé de ses moyens puisque c’est la fée qui contrôle son destin. Ainsi, dans la dernière partie de l’oeuvre, on le voit tenté de nouveau par l’amour du combat et ainsi partir de l’île d’Or. En quittant ce monde féminin mais surtout maternel, il retourne à la virilité de ses premières épreuves.

    De son côté, Blonde Esmérée permet à Guinglain de se faire une place dans la cour du roi Arthur. Leur mariage lui amène cette reconnaissance en tant que chevalier et en tant qu’homme à part entière qu’il n’aurait pas pu avoir s’il était resté auprès de la fée. Les deux femmes lui permettent de s’affirmer en tant qu’homme et de trouver une identité et un statut social.

    Ainsi, Guinglain a conquis un nom, un lignage, une femme et une terre.

       2. La construction du recit.

    Les personnages féminins ont aussi un rôle important dans la structure du Bel Inconnu. Ce roman contient certaines caractéristiques du récit enchâssé. De plus, la réalité rejoint la fiction dans les interventions de type autobiographique du narrateur/auteur. Le récit se construit donc à plusieurs niveaux qui tournent chacun autour d’une femme, d’où leur importance dans la construction même du roman.

    En premier lieu, c’est l’amie du narrateur qui est à la base de ce roman. Si Renaud de Beaujeu a écrit Le Bel Inconnu, cela semble être dans le seul but de plaire à sa dame et ainsi de lui faire passer un message d’amour. Notons que le narrateur est bien Renaud de Beaujeu puisqu’il le dit dans la conclusion:

    C’est donc bien lui qui est amoureux de cette femme, d’où l’aspect autobiographique lorsque, à cinq reprises, il nous parle de cette expérience amoureuse. Mais, respectant les règles de l’amour courtois (celles du secret), il tait le nom de sa dame. Dès le début, dix vers parlent d’une femme aimée du narrateur qui aurait incité le poète à composer une chanson courtoise:

    Plus tard, des vers 1237 à 1271, on apprend que cette même dame ne l’aime pas en retour mais qu’il lui reste fidèle. Puis, un peu plus loin, les mêmes éléments sont repris mais cette fois-ci, on a l’impression qu’un espoir est né, l’espoir qu’un jour cet amour sera récompensé:

    Pour finir, dans l’épilogue du vers 6247 à 6266, le narrateur lance une sorte d’ultimatum à sa dame : il dit clairement que si elle ne répond pas positivement à son amour, la fin du roman sera malheureuse ou, du moins, ce ne sera pas celle attendue par le lecteur. Il se vengera sur Guinglain qui ne retrouvera pas la fée. Il y a donc ici un mélange de fiction et de réalité. Mais si sa dame accepte

    il propose de modifier la fin de son récit.

    C’est donc entièrement d’elle dont dépend la suite du roman. Si les personnages de l’oeuvre existent, si Renaud de Beaujeu les a créés, c’est grâce à son amie. C’est elle qui, indirectement, contrôle le destin de chaque personnage. Ainsi, pour la première fois, on peut dire que la fée est dominée par une autre personne qu’elle-même. Par conséquent, l’amie du narrateur détient un immense pouvoir dans la genèse du texte, d’où son rôle important dans l’oeuvre. Pourtant, elle ne reste, pour le lecteur, qu’un personnage secondaire et fictif alors qu’elle est bien plus réelle que les autres personnages puisque cette femme existe en chair et en os dans la vie de l’auteur.

    À un deuxième niveau, c’est la fée Blanches Mains qui décide de la direction que va prendre le roman. En effet, elle a le pouvoir de changer l’histoire puisque c’est elle qui a créé les différentes situations grâce à ses pouvoirs féeriques.

    La fée connaît Guinglain depuis son enfance. Elle l’a vu grandir et l’a toujours aimé. C’est quasiment une parodie de l’amour de loin. C’est elle qui a orchestré toutes ses aventures pour parvenir à ses fins. Guinglain n’est donc pas maître de son destin et il ne l’a jamais été. Il est comme piégé, dépossédé de toute initiative. Il est clairement manipulé par les calculs d’une fée qui gouverne son destin pour faire de lui son objet.

    La fée est intransigeante et exclusive, elle érige des lois, souhaiterait se l’accaparer mais Guinglain réussit à passer outre en se rendant au tournoi et en se mariant finalement avec Blonde Esmérée. Au sein du récit, c’est la fée qui prend les commandes du canevas narratif. Elle mène non seulement le destin de Guinglain, mais aussi celui du récit. Ce n’est qu‘à la toute fin que le héros s’émancipe enfin en (re)prenant, contre toute attente, les rênes de sa vie.

    41)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 2328.  42)Ibid., v. 117.  43)Laurence Harf-Lancner, op. cit., p. 25.  44)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 4429.  45)Michèle Perret, Architecture inscrite dans un roman en vers du XIIIe siècle: Le Bel Inconnu, Champion, Paris, 1993, p. 1075.  46)Renaud de Beaujeu, op. cit., v. 5005-5508.  47)Ibid., v. 6248-6250.  48)Ibid., v. 2-3.  49)Ibid., v. 4831  50)Ibid., v. 6254  51)Ibid., v. 4962-4963.

    Ⅴ. Conclusion.

    Dans ce roman arthurien, ce n’est pas seulement la prouesse guerrière qui marque le lecteur, mais c’est aussi le monde féminin très présent tout au long du récit.

    Renaud de Beaujeu a mis en valeur plusieurs femmes mais plus particulièrement deux d’entre elles, Blanches Mains et Blonde Esmérée qu’il dépeint dans des portraits tous plus intenses les uns que les autres. A travers eux, on découvre des femmes superbes que Guinglain va délivrer d’un passé difficile. Mais sa rencontre avec la fée et la reine va s’avérer être une torture pour lui puisqu’il ne saura pas choisir laquelle il prendra pour femme.

    Blonde Esmérée et Blanches mains jouent un rôle primordial dans la vie de Guinglain. Elles ont fait de lui un homme accompli puisqu’il a découvert le monde chevaleresque, l’amour courtois mais surtout sa propre identité grâce à elles.

    Au fil des portraits, on apprend à mieux connaître la fée et on découvre son côté maléfique et le pouvoir qu’elle entretient sur le destin du héros mais aussi sur celui de l’oeuvre entière. Seule l’amie du narrateur la surpasse puisqu’elle contrôle à travers son (non) amour la plume de Renaud de Beaujeu.

    Cette plume fera penser à de nombreuses reprises à celle de Chrétien de Troyes qui a, avant lui, mis en scène les même aventures chevaleresques et amoureuses par l’intermédiaire de ses différents héros comme Gauvain ou Lancelot, eux aussi liés à des femmes splendides telle la reine Guenièvre.

    Tout l’objet de notre étude a été de montrer en quoi les personnages féminins avaient des rôles primordiaux car habituellement, dans les romans médiévaux, les rôles étaient passifs. La femme se devait d’être belle et susciter, de par son apparence, l’amour du chevalier, sans jamais faire le premier pas. En leur octroyant plus d’initiatives, Renaud de Beaujeu donne l’illusion d’un pouvoir presque émancipateur des femmes, qui pourrait faire vaciller la société médiévale. Or, il n’en est rien puisque dans la littérature du ⅩⅡème et du début du ⅩⅢème siècle, l’amour passion était souvent présenté comme inconciliable avec l’intégration sociale; donc, malgré son amour pour la fée, Guinglain choisit la reine, sauvant ainsi les conventions sociales.

    Finalement, la manière dont l’auteur aborde les rapports du héros en quête de son identité et de la société dans laquelle il accepte finalement de s’inscrire nous pousse à croire qu’au bout du compte, cette quête initiatique va au-delà d’un objet personnel (identité ou amour) et que ce que cherche le chevelier héros, c’est la reconnaissance de son seigneur. Ainsi, à notre avis, apprendre l’amour courtois lui permettrait d’apprendre à bien servir son supérieur hiérarchique. La femme serait victime du système féodal dominé par l’homme.

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